Quand trop devient trop : ce que ce cheval nous oblige à voir
Aujourd’hui, je vous emmène sur le terrain.
Un moment que je n’avais encore jamais vécu directement, mais dont j’avais souvent entendu parler, que ce soit à travers mes formateurs ou mes collègues.
Et pourtant, cela fait plus de 20 ans que je suis en contact avec les chevaux, bientôt 10 ans que je travaille avec eux, et presque 6 ans que j’accompagne en équicoaching.
Un moment à la fois impressionnant…
et surtout extrêmement révélateur de notre fonctionnement et notre façon d’être en relation.
Avant d’aller plus loin, il me semble important de préciser le cadre : tout ce que je vous partage ici s’est déroulé dans un environnement sécurisé, pensé à la fois pour les participants… et pour le cheval.
Une séance d’équicoaching en situation : posture, leadership et relation
Je suis en déplacement pour animer une formation autour de la posture et du leadership.
Le cadre est clair : un espace sécurisé, des règles précises, et une attention constante portée au bien-être du cheval.
L’objectif n’est pas la performance à tout prix, mais bien l’observation, la compréhension et l’ajustement de notre posture pour une relation saine et une collaboration de qualité avec le cheval.
Une personne entre dans l’espace de travail avec le cheval. La consigne est simple et concise :
mettre le cheval en mouvement autour de soi.
Le contact se fait bien. La connexion est là. C’est fluide, propre, juste.
Cette personne met le cheval en mouvement, d’abord au pas, puis au trot… puis assez rapidement au galop.
Petite précision : je n’ai pas précisé ou imposer d’allure dans ma consigne et c’est voulu (je vous laisse deviner pourquoi 😉)
Le cheval répond bien. Il est disponible, réceptif, détendu.
Mais progressivement, quelque chose change.
Le cheval commence à se tendre. Son encolure se relève, son corps se contracte. Rien de brutal, rien d’agressif. Mais des signaux apparaissent : l’intensité monte, et la qualité de l’interaction commence à se dégrader, de manière subtile.
De son côté, le personne continue : elle demande encore. Et encore. Et encore.
À un moment, je sens que l’on s’approche d’une limite. Et mon rôle, à cet instant-là, est aussi de protéger le cheval.
Je lui dis :
« Ralentis. Laisse-le. Que veux-tu qu’il te donner plus ? Laisse-le souffler, laisse-le faire. Lâche. »
Mais une poignet de seconde plus tard, le cheval prend une décision.
Il termine son tour, fait sa battue d’appel… et saute la barrière.
Un saut maîtrisé, fluide, propre.
Il part au galop sur quelques foulées, puis s’arrête, se retourne… et nous regarde.
Comme pour dire :
« C’est bon ? J’ai donné ce qu’il fallait ? »
Puis il redescend immédiatement en pression. Il se relâche. Il ne fuit pas, m’attend sagement.
Ce que le cheval révèle sur notre posture
Ce qui est essentiel ici, c’est que le cheval ne fuit ni au départ, ni après. Au contraire : il est connecté, engagé, volontaire. Il cherche à répondre.
👉 Cela montre que la relation était bien là, et qu’elle était de qualité.
D’ailleurs, ce qui se jouait était beau à voir. Il y avait une vraie justesse au départ.
Mais plus la demande se prolonge, plus l’énergie monte.
Et le cheval suit.
Jusqu’au moment où… il ne sait plus trop quoi donner. Il cherche une réponse à la demande grandissante.
À travers cette situation, plusieurs éléments apparaissent clairement.
📌 D’abord, une posture juste au départ : une capacité à entrer en relation, à engager, à encourager, à motiver.
📌 Puis, progressivement, une sursollicitation : on demande, on obtient… et on continue à demander, sans laisser d’espace de relâche.
📌 Une énergie qui déborde également. Une énergie positive, portée par l’envie, mais qui n’est plus ajustée.
Le cheval, lui, fait avec ce qu’il connaît. Ce jour-là, il n’explose pas, il ne fuit pas en panique, il n’est pas agressif. Il propose une solution : sauter.
Parce que c’est dans ses compétences. Parce que, pour lui, c’est une réponse possible.
Ce qu’il nous montre ici est finalement très simple :
ce n’est pas parce que ça fonctionne qu’il faut en demander plus.
Structurer concrètement le plan d’action
Cette situation dépasse largement le cadre du travail avec le cheval.
Elle parle de nous, de notre manière d’être en relation et même de manager (soi-même, les autres, une situation).
Une tendance à en vouloir toujours plus
Ici cette situation révèle un comportement qui peut parler à beaucoup d’entre nous.
Cette tendance à, lorsque nous obtenons quelque chose, de continuer.
Nous poussons. Nous intensifions. Nous en voulons plus.
- Par exigence.
- Par enthousiasme.
- Par peur que cela ne dure pas.
- etc…
Demander plus au risque de, parfois, détériorer la relation et dégrader ce qui a été déjà obtenu.
Savoir reconnaître que l’objectif est atteint et s’en satisfaire…
L'impact de notre posture et l'énergie que nous mettons
Mais dans ce mouvement, nous oublions souvent de regarder l’autre, d’écouter/observer les signaux faibles. En effet l’autre ne va pas forcément dire stop. Il va s’adapter, compenser, chercher à répondre à la demande…
Et alors, la réaction arrive. Parfois de manière inattendue !
Un autre point fondamental apparaît ici : l’énergie que nous mettons.
Même positive, elle peut devenir trop intense pour l’autre. Et c’est souvent dans ce décalage que la relation se déséquilibre.
Le problème n’est pas l’intensité en soi. Le problème, c’est son dosage.
Comment ajuster sa posture au quotidien
Concrètement, que faire de cela ?
👉 D’abord, observer.
Observer l’autre, bien sûr. Mais aussi vous observer vous-même.
- Êtes-vous en train de demander… ou de trop demander ?
- Voyez-vous les signaux : tension, fatigue, perte de fluidité ?
- Laissez-vous des espaces de relâche, de pause, de respiration ?
Ou êtes-vous dans un flux continu ?
👉 Ensuite, ajuster votre énergie.
Il ne s’agit pas de la couper, mais de la réguler, de l’adapter.
Être capable de monter et de redescendre.
👉 Enfin, vérifier le référentiel de l’autre.
Avec un cheval, nous observons.
Avec un humain, nous pouvons poser la question :
- « Comment tu te sens ? »
- « Est-ce que c’est OK pour toi ? »
C’est essentiel parce que la sécurité — émotionnelle comme physique — passe par là. Et au fond, il s’agit simplement de respect.
Un bon leader n’est pas celui qui obtient toujours plus.
C’est celui qui sait quand s’arrêter.
Conclusion : savoir s’arrêter pour une posture juste et équilibré
Ce que ce cheval est venu nous montrer ce jour-là n’est pas un problème.
🎯 C’est un signal.
Un signal sur nos excès.
Un signal sur notre énergie.
Un signal sur notre difficulté à nous arrêter… même quand c’est déjà bien.
Car parfois, ce que nous avons déjà obtenu est exactement ce qu’il fallait.
Alors, après la lecture de cet article, vous pouvez simplement vous poser cette question :
- Est-ce que j’en fais trop… ou est-ce juste ?
Prendre les rênes, c’est aussi cela : reprendre la responsabilité de soi, de son énergie, et de ses relations en cherchant à ajuster, plutôt que subir… ou faire subir. En revenant à ce qui est juste.
🙏🐴 Ce que le cheval, lui, nous montre avec une grande précision.
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On se retrouve très vite pour un nouvel article.
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